Blog de Moudjahed

Oranie profonde

22
juin 2011
SIDI BEL ABBES -régions ! la mekerra et le grand Télagh .

 

II — Eclairage sur

le Grand

TELAGH :

Territoire

et massifs forestiers .

 

Présentation Général de la wilaya de sidi bel Abbés

Espace géographique

La plaine de la Mékerra, avec les plaines du grand telagh en cent trente ans de colonisation française avait l’allure d’une riche région céréalière et viticole.

Située au nord-ouest du pays .la wilaya de sidi bel Abbés occupe une position centrale et stratégique, elle s’étend sur environ 15 % du territoire de la région nord –ouest du pays, soit 9150.63 Km².

Considéré comme relais dans la mesure ou elle est traversée par les principaux axes routiers du Nord -ouest de l’ORANIE .

Sidi Bel Abbés est délimitée comme suit :

• au NORD : par la wilaya d’Oran . •au NORD –OUEST : par la wilaya d’Ain Témouchent . • à son OUEST : par la wilaya d Tlemcen. • à l’ EST : par les wilayas de Mascara et Saida . • au SUD PAR : par les wilayas de Naama et d’El Bayedh . • au SUD EST : par la wilaya de Saida .

Espace physique et forestier

La wilaya de Sidi Bel Abbés couvre une superficie forestière totale de 209.489 ha , répartie entre différentes forêts. SIDI BEL ABBES -régions ! la mekerra et le grand Télagh . dans Les tribus arabes de Sidi Bel Abbés et d'Algerie Carte_Michelin_-_Le_Telagh-c33ee
- 1- La partie Nord du massif de Telagh (forêt de Bouyatas, forêt de Moksi).

- 2- Au Sud de la zone des monts de Beni Chougrane (forêt de Louza, et Gueternia)

- 3- La partie Sud du massif et plus précisément à l’Est de cette zone (Beni Methar, Ain El Hadjar et Zegla)

- 4- La partie Nord du massif (forêt de Moulay Slissen, Baudens, Khodida)

- 5- Dans les monts des Béni Chougrane et les Hautes plaines steppiques (forêt de Louza et Oukar Zeboudj).

- 6-Et à l’Est du massif de Telagh Sud (la forêt de Zegla).

Les forêts de la wilaya de Sidi Bel Abbés sont gérées par 5 circonscriptions ( voir tableau n°6).

Tableau n°6 :Organisation territoriale actuelle des circonscriptions

- 1-Merine 79 790 ha Principales forêts Zegla, Beni Methar

- 2-Telagh 46 798 ha —Slissen, Toumiet Sud

- 3-Ras El Ma 24 446 ha —Touazizine, monts de Djarf Trab

- 4-Sfisef 34 821 ha —Geternia, Bouyatas Nord

- 5-Sidi Bel Abbés 23 632 ha – Kounteida, Tenira

Total : 209 489 ha -

Source : Conservation des forêts (2005)

Le territoire du Grand Télagh.

Qui dit Grand télagh dit forêts et steppes de parcours !

Effectivement c’est un domaine forestier avant d’être la seconde grande plaine de la Sidi bel abbés entouré de villages et d’ hameaux agro-pastoraux de grande valeur foncière : certaines terres sont des propriétés indivis ou collectives anciennes à la colonisation même des turcs .

Décrire cette région n’est pas chose aisée, vu son histoire géopolitique, ses traditions tribales séculaires, imprégnées de noblesse bédouine, de foncier et de patrimoine privé , et sa géographie faite de massifs forestiers, les plus denses et riches de la wilaya et de grandes plaines céréalières faisant d’elle la seconde ville de la région.

Je me limite à brosser une modeste description en deux temps : faite de notes de documents officiels d’archives en ma possession , d’anecdotes vécues , de faits réels et de tendres souvenirs personnels dans un méli mélo que j’espère vous plairas .

Sans prétention de ma part et sans fausse érudition , avec juste la volonté de dépoussiérer et faire apparaître une réelle vision de cette région ,si chère à nos yeux et que je considère socle de notre algérianité profonde et notre islamité séculaire, bien avant le petit paris colonial ou la capitale du rai folklorique qu’on veut fixer par des clichés réducteurs par ignorance ou zèle à défaut de repères ou pour tout simplement diluer l’impact culturel fort et son aura à des fins ou calculs politiques non avoués par des parvenus ou des imposteurs .

Car le statut physique et culturel de la région de Sidi bel abbés dérange par son identité originale arabo musulmane et en faire une entité faussement industrialo mercantile manipulable à souhait est le sournois projet des prédateurs de l’Algérie profonde.

Sa ruralité sédentaire et ses penchants agricoles et pastoraux sont foncièrement ancrés dans les esprits de ses habitants et ont font un bouclier patriotique et menacent la main mise et l’installation d’un système d’appropriation et de rentes bâties sur l’imposture et la force.

Et ce n’est pas une fabulation de ma part : la preuve ! voici ce que disent les experts en aménagement du territoire dans une de leurs cartes sociales de précarité de la wilaya présentée par les cellules de proximité :

- de theghalimet : DA IOUI MOHAMED ……… SOCIOLOGUE – DIAF HOURIA ……….. PSYCHOLOGUE – SADEK MEBARKA ………… ASSISTANTE SOCIALE

- de bir el hmam :- HASSNAOUI DALLILA ……….. SOCIOLOGUE.

- Sfisef :- LARBAOUI HOUARI BOUMEDIENE ….. SOCIOLOGUE – KENDOUCI SALIMA …….. …… PSYCHOLOGUE

-Agriculture La wilaya de sidi bel abbés se caractérise par une double vocation ,agricole au nord , agro-pastoral dans les hautes plaines steppique sises au sud de la wilaya. Pour une superficie totale de 915.063 hectares .la superficie agricole utile est de l’ordre de 358.044 hectares soit 39 % le reste de la superficie de la wilaya se partage entre les espaces forestiers et alfatiers qui représentent 40% de la superficie totale de la wilaya.les 21 % restantes sont occupés par les montagnes. Il est à signaler que l’agriculture dans la wilaya a toujours absorbé la majorité de la main d’œuvre bel abbesiènne étant donné qu’elle est l’activité principale de la wilaya .

Industrie L’emploi dans le secteur de l’industrie représente 12 % à 14 % de l’emploi globale de la wilaya dont 85 % se concentre au niveau du chef lieu de la wilaya . Mise à part, les grosse unités industrielles qui ont été crées dans les années 70 et qui relèvent toute du secteur public ,les infra structures industrielles restent faible vis- à -vis les ressources naturelles recensées a travers la wilaya .

Voici un Aperçu général sur l’occupation des espaces de la wilaya de Sidi Bel Abbés . Les 915.063 hectares du territoire de la wilaya de Sidi Bel Abbés sont actuellement utilisés selon les données cadastrales des services des domaines comme suit :

- 38.9% par l’espace agricole-
- 21.4% par l’espace forestier-
- 17.1% par l’espace steppique-
- 22.05% par l’espace improductif-

De part ses particularités climatiques et édaphiques la wilaya devrait s’orienter comme par le passé, vers un développement axé essentiellement sur l’agriculture, l’élevage et la sylviculture.

L’importance de ses espaces justifie cette option.

La réalité en a fait autrement pour diverses raisons tant politiques qu’économiques .

Voici ce que déclare en 1979 ! un autre expert (DOBREMEZ, ).du développement « orienté » :

L’extension urbaine remarquable a pesé de tout son poids pour déstructurer fatalement l’unique développement permettant de rentabiliser les différents espaces par une utilisation en inadéquation avec les potentialités naturelles et sociales.

Les politiques successives et incohérentes en matière de gestion du foncier et des terres agricoles se sont soldées par une perturbation de l’organisation et de la structure des espaces naturels et productifs ainsi que de l’occupation du sol qui en découle.

Le régime foncier est le premier critère à prendre en charge avant d’entamer toute opération de restructuration ou de gestion de l’espace.

La maîtrise de l’occupation de l’espace permet de concilier développement et respect de l’environnement par la réglementation et l’organisation du territoire

Revenons à notre sujet !

Le périple que j’ai effectué la semaine dernière dans cette région , en un si beau trajet en triangle de sidi bel abbés à el gor en reliant télagh par ras el maa oued sbaa et dhaya et retour par Teghalimet et Tenezara prés de Ténira , a réveillé en moi , à travers les paysages que j’ai traversé , de tendres souvenirs que je vais étaler avec joie pour nos chers lecteurs et lectrices dans ce thème consacré au grand Télagh .

Que je diviserais en deux parties pour faciliter sa compréhension, vu ses innombrables facettes.

La première sera réservée au territoire et ses enclaves et la seconde traiteras de la tradition et des tribus du grand Télagh .

1ére partie : territoire et massifs forestiers .

Donc ! de prime abord le grand telagh occupe essentiellement presque tout l’espace forestier de la wilaya.

Voici son Contexte forestier local :

Du point de vue forestier, la wilaya de Sidi Bel Abbés regroupe 20 forêts dont les plus importantes sont situées dans les monts de Dhaya, telles que les forêts de :

Zegla 57 558 ha— Touazizine 13 220 ha— Bouyetas 14 566 ha— Slissen 13 493 ha— Beni Mathar 9 600 ha— Toumiet Sud 9765 ha— Toumiet Nord 5641 ha.

qui occupent environ 29% des superficies forestières actuelles et sont présentes dans :

- La partie Sud du massif de Telagh, réparties un peu partout dans la zone (forêt de Touazizine, forêt de Beni Methar).

sources : Forêts Conservation des forêts (2005)

Pour aller de Sidi bel abbés à Telagh : on effectue l’itinéraire obligé par tenezara et teghalimet !

1-Tenezara : est un paisible hameau des khaleyfa et autre bouachikh est rattaché à Ténira des krarma sans aucune aspérités si ce n’est son agriculture en progression et la bonhomie de ses habitants très hospitaliers, sa proximité avec le chef lieu de wilaya font de lui un lieu de chasse prisée pour sa perdrix et son lapin de garenne. La forêt de « désirée » de Tenira attire chaque jour férié, des campeurs et des randonneurs.

Un peu plus loin !

2- tirman : qui s’appelle aussi TEGHALIMET ou (rivière fraîche). Mon père est né à Tirman ! J’aime ce village.

J’ai un très beau souvenir de ce village ! C’est la mentalité qui régnait, on aimait bien y vivre. Les gens se connaissaient et se respectaient aussi.

Il y avait les familles musulmanes notables.

Il y a plein de jolies choses : les maisons, les micocouliers, les lauriers roses, les figuiers de barbarie, les figuiers, les champs de blés, les vignes, la forêt, la rivière, les jardins.

J’ai aussi en mémoire cette eau limpide et fraîche qui coulait dans le lit de son Oued tirman ; ou la nuit les grenouilles et les crapauds en font un vacarme assourdissant et joyeux.

Je me souviens des jardins potagers sur des lopins de terre (hrim) alloués par la municipalité aux riverains, alimentés par cette eau qui donnait de belles pèches et abricots délicieux et je ne vous parle pas des figues succulentes grosses comme le poing qu’on cueillit furtivement en se sauvant, de peur du garde champêtre qui surveillait la rive Ouest.

La pêche dans l’oued Téghalimet était chose courante pour y ramener des barbeaux.

C’est aussi un site de chasse qui est très appréciée dans sur ses terres et sa foret même par les braconniers.

On trouve 7 espèces de mammifères : le sanglier (Sus scrofa), le renard (Vulpes vulpes), le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus), l’hérisson d’Algérie (Erinaceus algirus), le lièvre brun (Lepsus capensis), la genette (Genetta genetta), et la belette (Muste nivalis) On ne cessait de braconner par plaisir lors des randonnées.

Le soir quand on dormait dehors à la pleine lune à Ain chefia à 5 kms de là , chez mes tantes , il y a un ciel superbement étoilé et il faut se protéger de la lune avec la chéchia .

On entendait aussi les chacals et l’hyène japper dans la nuit. Enfant ! je raffolais de faire la chasse (avec mes cousins d’Ain chafia) aux espèces de reptiles : l’agame, le caméléon commun, le lézard, la couleuvre, et la vipère qui pullulaient dans les amas de pierres et la forêt de Tirman .

Enfin la période des vendanges quand on est vendangeur est un moment inoubliable.

Par ailleurs ! Les gens sont sympathiques , si vous êtes en panne de pain, il y a quelqu’un qui vous fera une galette et vous offrira le thé. Le plus bel endroit du village, c’etait « Belair », entouré de la forêt, des vignes, des oliviers et derrière la forêt il y a l’oued. On y trouve toujours aux environs de l’oued, de belles fermes et de beaux jardins potagers.

Voilà pourquoi j’aime ce village.

Maintenant ! effectuons un voyage virtuel dans les zones enclavées :

Marhoum ; Oued Taourira ;Rochambeau ; Sidi Chaib ; Slissen ;merine ; taoudmout ; Tefessour ou Ain Tindamine …

Je cite pour cette première partie , deux enclaves les plus isolées .

Marhoum et Oued taourira .j’y reviendrais dans la deuxieme partie pour les autres , tellement le sujet est fécond .

1-Marhoum , en passant par Taffessour, Plus à l’Est, à 7 km , la localité de Taoudmout ensuite Ouâla, Melza et Merine (Zegla) jusqu’à Telagh .

Les forêts de Taffessour, plus particulièrement Tandfelt, J’gara, Z’ouijya, Taznaga, Bououloula et Londay, sont exubérantes.

Dix ans de violence terroriste et de contre-violence ont laminé cette région prise en tenaille entre les massifs montagneux surplombants les limites territoriales des wilayas de Sidi Bel Abbès et de Saïda.

2_Oued Taourira, région fortement boisée avec son massif forestier abrupt et escarpé des monts de Dhaya, Taoudmout, Tagouraya  » Fayd Es Soug » et la forêt de Aïn Ben Soltane qui est une commune de la daïra de Mérine ( Zégla) à l’extrême sud du chef-lieu de wilaya.

Elle fut par le passé post colonial , ( du temps du département d’Oran)le pivot central de l’administration indigène et de l’état civil de l’ensemble des tribus de la région du grand Télagh et c’est une institution de référence de la souche tribale .

C’est pourquoi on la désigne par la désignation locale si révélatrice de « khachba » entendre (branche) de tout l’arbre généalogique des tribus du grand Telagh et alentours.

Comment ne pas aduler et chérir cette région puisque j’ai aussi un autre honneur : mon grand père est né à oued Taourira (khachba)

Oued Taourira ?

- un : Enclave montagneuse ,
- deux : l’exiguïté des terres agricoles disponibles ,
- enfin : son isolement malheureux d’administrée ou laissée pour comptes par le pouvoir central local.

Je dirais pour ma part !Délestée exprès de « l’Algérie utile » !

La combinaison de ces trois faits ? peut entraîner une pression sociale des populations rurales sans ou avec trop peu de ressources.

Les populations de cette enclave ou ailleurs dans similaire , pressées par la nécessité de la survie : risquent d’être plus récalcitrantes , vis-à-vis de l’administration .

Sans oublier que ses habitants sont de farouches réfractaires à toute domination coloniale ou idéologies importées ou dictat : Moulés dans de nobles traditions tribales et d’exercice de liberté .

les quelques virées à la hâte des responsables ne combleront jamais les lacunes qui s’entassent avec la mal vie , le chômage et la misère sociale : ingrédients géniteurs de rébellion , si ce n’est carrément de du terrorisme.

Conclusion :

Cette situation déplorable fait d’elle une zone propice à toutes dérives .

L’amélioration des conditions socio-économiques des populations ne pourrait se faire que par la garantie d’un revenu stable, et ce par la mise en valeur des terres agricoles .

Nb/ A suivre !

dans une prochaine contribution : qui traiteras in cha allah des :

Enclaves du grand Télagh !


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