Blog de Moudjahed

Oranie profonde

8
juil 2011
temoignages (Année 1996.)

Année 1996.
Témoignage d’un brigadier de police (appelons-le Mohamed pour des raisons de sécurité) ayant fui les horreurs de cette guerre qu’il avait vécu au cœur du système répressif. (17)

Je suis brigadier de police et je crois bien que dire aux autres la vérité, c’est comme faire guérir quelqu’un qui souffre. C’est la raison pour laquelle je m’engage à illustrer le dossier des disparus.
Je suis prêt à témoigner devant une institution internationale contre les crimes commis par certaines personnes au niveau d’un organisme sécuritaire qui doit normalement veiller à la sécurité du peuple ainsi que de leurs biens. Je suis aussi, prêt à déterminer les causes de la disparition de certains jeunes, arrêtés par les services de police.

1. Disparus et exécutions :
Le 19 janvier 1993, au niveau de la cité Diar El Afia (Bourouba) en compagnie de deux voisins policiers, deux terroristes furent arrêtés par nos soins, les nommés Abzar et Berhoum. Les deux sont portés disparus (pièce jointe témoignage de satisfaction délivré par la DGSN).

Juin 1993. A la sûreté urbaine de Bordj El Kiffan, au cours d’un examen de situation, le nommé Tounsi Zerrouk, demeurant à la cité PLM (Bourouba) et son ami qui habite à la cité Diar El Djemaa (Bachdjarah) ont été arrêtés et livrés à notre brigade pour l’exploitation. Les deux ont été exécutés à la décharge TIMIT. Les corps ont été transférés à la morgue de l’hôpital Zemirli d’El Harrach.

Mai 1993. Un certain Alioui et son compagnon ont été capturés à la cité EJICO de Bachdjarah) par l’agent de l’ordre public, G. R., élément de la brigade GRS. Les deux ont été froidement abattus par le dit agent malgré qu’ils soient sans armes.

Un certain jeune Khadraoui Kamal, demeurant aux environs des Eucalyptus, arrêté à proximité de la cité Diar El Afia (Bourouba) pour examen de situation, fut gardé presque 6 mois dans les geôles de la 4e sûreté urbaine de Bourouba, puis fut transféré vers un endroit indéterminé. S’il est encore vivant, il peut donner beaucoup de renseignements à propos des disparus.

1994. Un groupe terroriste composé de 4 jeunes fut arrêté un jeudi vers 2h du matin. Il s’agissait de : Gouasmia Rachid, Gouasmia Hakim (15 ans), Saïbi Ouahab et Boudouani Chafik. Les quatre ont été dirigés à la 4e Sûreté urbaine (SU) de Bourouba pour exploitation. Ils furent exécutés à la prise d’eau d’El Harrach.

Le nommé Chekaba Mouloud, arrêté et dirigé à la 4e Sûreté urbaine de Bourouba. Ayant un problème cardiaque, il n’a pu résister à la torture. Il mourra et son corps sera jeté aux environs des Eucalyptus.

L’ex-agent de l’ordre public (AOP) Azzoug Salah, demeurant à la cité Diar El Afia (Bourouba) fut arrêté en compagnie de quatre jeunes à hauteur du cinéma Musset (Belcourt). Le groupe fut dirigé vers la 4e SU de Bourouba. Ils furent abattus puis dirigés vers la morgue de Bologhine.

L’ex- agent de l’ordre public (AOP) Merinas de la brigade spéciale d’El Hamiz, arrêté en compagnie de 4 jeunes, fut abattu par des éléments de la BMPJ de Bourouba.

Le nommé TRAD Moussa, arrêté à la cité Diar El Afia (Bourouba) fut dirigé à la 4e SU. Deux jours après, il fut dirigé vers un lieu indéterminé.

Habili Messaoud, arrêté par l’Inspecteur Habib, porté disparu.

Bacha, arrêté par l’inspecteur Habib, porté disparu.

Le jeune Ould Saâdi Boumediene, arrêté par la PJ centrale fut abattu et livré à sa famille.

Natéche, arrêté par la BMPJ de Bourouba chez sa grand-mère. Porté disparu.

Tousena, habitant cité Chérif Bidi, arrêté puis abattu à la prise d’eau d’El Harrach.

2. Personnes torturées :
Il s’agissait de deux personnes arrêtées par les éléments de la 4e Sûreté urbaine de Bourouba :
Bouda Khaled, 38 ans environ, commerçant, demeurant à la cité Chérif Bidi, arrêté par le groupe GRS sous l’indicatif Saker 101. Il a été violemment torturé (courant électrique et eau). Gardé dans la geôle presque 20 jours.

Aït Allaoua Sidali, artiste, demeurant à la cité Chérif Bidi, arrêté pour soi-disant appartenance et soutien à groupe terroriste. Torturé et gardé en geôle pendant 52 jours. Il est aujourd’hui vivant mais avec la cicatrice d’une mâchoire déformée.

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à suivre !


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