Blog de Moudjahed

Oranie profonde

17
juin 2012
Les Douars de la communes pleins exercices (CPE) de la MEKERRA de 1874
Posté dans Villages anciens de sidi bel abbes par Moudjahed à 10:51 | 23 réponses »

Les Douars

de la communes

pleins exercices (C PE)

de la MEKERRA de 1874

 

Pages : 1

#1 08-08-2010 18:13:

Moudjahed
Les Douars de la communes pleins exercices (CPE) de la MEKERRA de 1874 dans Villages anciens de sidi bel abbes
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Les Douars de la communes pleins exercices (CPE) de la MEKERRA de 1874

Les Douars de la communes pleins exercices (CPE) de la MEKERRA de 1874 à 1962

La communes pleins exercices (CPE)  de la MEKERRA était identique,mais pas analogue à la commune métropolitaine en France.

Cette commune représentait la quintessence  la plus achevée de l’idéologie coloniale en Algérie, elle constituait surtout, l’instrument par excellence de la domination institutionnelle des européens sur la population dite « indigènes ».

Ce système demeurait à peu près sans changement de 1870 à 1956.

Ainsi cette institution communale coloniale présentait une physionomie toute spéciale.

La présence de deux populations distinctes européenne et musulmane , inspirait donc deux types d’administration communale et deux types de structures infra communales, plus réduites :

Les centres de colonisation, administrés par un adjoint spécial européen
OU ADMINISTRATEUR (Mastatour) ET son adjoint :

L’admnistrateur-adjoint, officier de police judiciaire, bénéficiant de larges délégations.

Le personnel des bureaux comprend secrétaire,
commis,
khodja- interprète.

Escortant l’administrateur lors de ses tournées et contribuant à la police, un corps de cavaliers indigènes les khiélas ou deïras.

et les douars qui ont à leurs têtes un adjoint indigène appelé « Caïd ».

Ce qui explique la présence de deux communes à sidi-bel-abbes !

Et c’est là, la première anomalie.

L’objectif politique, sinon idéologique, était claire, c’est à dire le développement séparé et inégale de la société coloniale bipolaire :

«le premier étant programmé ; le second, inférieur et spontané, généré et dépendant du premier » .

De 1844 au 5 avril 1849,au temps des bureaux arabes, un cercle militaire relevant de la subdivision d’Oran a d’abord encadré la région de Sidi Bel Abbes.

A partir de 1849 ,  il a été érigé une subdivision militaire .

En 1856 un district de commissariat civil y fut crée

et Alfred-Villetard de Prunières fut nommé premier commissaire civil
Et le 27 juillet 1875, la région fut organisée en arrondissement avec cinq  C.P.E

et  deux communes mixtes, la Mekerra et Boukhanifis

en 1878 cette dernière fut érigé en CPE

l’administration la remplaça « tout de suite », par la commune mixte de Télagh

La commune mixte, était une communes fictive.

tenietelhaad.jpg

1°- Alors qu’il fallait un décret pour créer une C.P.E, les C.M pouvaient être crées, modifiées, ou supprimées par un simple arrêtés du gouverneur (17).

La C.M de la Mekerra a était crée par arrêté le 23 septembre 1874

elle regroupait /
les centres de Souly,Tenezara,Boutin et Mélliny

(les autres centres  étaient déjà érigé en CPE)

ainsi que neuf  Douars
Telmouni,
Tiliouine,
Messar
Tiffiles
Ouled Slimane
Hamiane
Ouled Mebtouch
et Boujebha.

2°- A leur tête se trouvait un administrateur (Mestatour)

fortnational1938.jpg

le symbole de l’ordre colonial,et la répression administrative, son rôle était surtout politique, mais il était à la fois l’agent du gouvernement et le représentant des intérêts de la commune .

C’était un juge

En effet, Pendant la conquête, le commandement militaire est investi dès 1834 de pouvoirs discrétionnaires

en 1844, une circulaire de Bugeaud édicte un règlement codifiant les infractions passibles de prison ou d’internement et tarifiant les amendes

après L’extension du territoire civil de 1870 à 1880,le régime de l’indigénat a était codifier et la répression de ces infractions,confier aux administrateurs des communes mixtes,par la loi du 28 juin 1881.

Il prévoyait des pénalités pour des infractions dont le nombre passe de 41 en 1881 à 21 en 1888 et 8 en 1914, comme la réunion sans autorisation pour zerda ,ziara ou waâda (pèlerinage, repas public), réunion sans autorisation de plus de 25 personnes de sexe masculin.

Le « Mestatour » était un maire, un entrepreneur, un banquier, enfin tout !

« sidi-el-hakem » comme aimaient l’appeler ses fidèles assistants

(les caïds chefs de douars

hitrzp107.jpg

le khoudja traducteur
le commis
le garde champêtre (chanbitt)

communemixtedakboumai19.jpg

et le chaouch).

Le gouverneur général, était aussi juge répressif

En vertu de l’ordonnance du 22 juillet 1834, du décret du 10 décembre 1860, du décret du 26 août 1881, il exerçait en Algérie les pouvoirs de haute police.

Ce pouvoir de prononcer des peines exceptionnelles, supprimé par l’ordonnance du 7 mars 1944, lui est rendu par la loi du 3 avril 1955 et le décret du 17 mars 1956 pris dans le cadre de la loi sur les pouvoirs spéciaux :

internement devenu mise en surveillance spéciale, amendes, séquestre.

A-L’internement :

Des arrêtés ministériels de septembre 1834, avril 1841, août 1845 donnaient pouvoir au gouverneur de prendre une mesure d’internement exécuté sous la forme de la transportation, de la détention

(envoi au pénitencier de Boukhanifis  depuis 1874, non loin de Sidi-Bel-Abbès)

ou de la mise sous surveillance dans un douar, une tribu ou une localité.

Ce pouvoir qui lui est retiré en 1858 et 1860, lui est rendu en 1881

(et limité en 1914).

Elle est prononcée pour une durée indéterminée pour des faits variés et peu définis.

Environ 100 sont prononcées annuellement entre 1893 et 1900 (sans compter les internements illégaux prononcés par les préfets) (20).

B-L’amende :

Elle existait de 1844 à 1944.

Elle était conçue comme une peine individuelle que pouvait infliger les caïds, les administrateurs civils ou militaires,mais également elle existait comme peine collective que les administrateurs pouvaient infliger à des douars ou tribus pour des crimes et délits commis en commun ou quand elles n’ont pas fait connaître les coupables aux autorités

(va évidemment contre le principe de la personnalité des lois).

Elle était appliquée fréquemment notamment pour châtier des soulèvements où d’énormes amendes de guerre  ont été exigées.

C- Le séquestre :

Il était largement utilisé dès les premières années de la conquête et était utilisé pour deux infractions :

les actes d’hostilité contre les français, les tribus soumises ou l’abandon des terres occupées pour passer à l’ennemi.

Cette peine était également appliquée au domaine forestier à partir de 1874.

Elle était appliquée en 1871 sous forme d’un séquestre collectif pour châtier les soulèvements comme celui  d’El Mokrani

(il frappait 2 640 000 hectares soit l’équivalent de 5 départements français).

Ensuite peu appliquée, elle fut abrogée par l’ordonnance du 7 mars 1944.

3°- La superficie de la commune mixte de la Mekerra était immense est comparable à celle d’un département français :

102577 ha en 1930,

c’est à dire 13 fois la superficie de la CPE de sidi bel-abbés

sur son territoire on y voyait,des centres de colonisation
des hameaux
des fermes
des douars
et aussi,chose bizarre,des communes plein exercices semblables à des îlots;

notamment

Détrie
Palissier
Prudon
et autres ,tous disséminées sans aucune cohésion.

Certaines C.M, en effet, ne comprenaient qu’un seul centre de colonisation et même aucun.

4°- La population

qui habitait les douars de la commune mixte, neuf douars dans la CM de Mekerra ,était parfois fort importante dans d’autres CM

elle dépassait celle d’un canton français!en 1930
ils étaient 21428 habitants,95.83% de la population totale de la commune ,tandis que les européens représentés 2.78%.

En moyenne, il y avait donc, un européen pour cinquante algériens, mais cette proportion est loin d’être la même pour toute les C/Mixtes. Certaines, en effet, n’avaient qu’une population européenne insignifiante.

En outre, les habitants d’une C.M étaient séparés par des distances considérables.
5°- Les limites de la C/Mixte

étaient d’ailleurs déterminées assez arbitrairement, elles n’avaient aucune fixité ; les douars pouvaient être facilement transférés d’une commune à une autre.
6°- la C/Mixte
avait un faux « conseil municipal »

puisque par sa composition et ses compétences,la commission municipale était moins un conseil municipal qu’un instrument d’assujettissement de la population Algérienne,malgré la réforme de 1919 qui y introduisait les présidents élus des

« djemaâs des douars ».
7°- Enfin on peut ajouter,en raison de son étendue considérable,de ses populations hétérogènes

la C.Mixte porte souvent le même nom qu’une C.P.E  enclavées dans son territoire,c’était le cas dU Telagh

chose bizarre,son chef lieu est dans la C.P.E!

(en plein centre ville de Sidi-Bel-Abbès ! actuellement résidence de la direction des moudjahiddines ) .

Et parfois elle avait deux chefs lieux : l’un d’été, l’autre d’hiver.

En conclusion, qu’elles jugements peut on porter sur la commune mixte coloniale ?

Au terme de cette analyse, on peut dire qu’elle était profondément coloniale, c’est à dire inégalitaire.

Elle n’avait de « commune » que le nom .
une population européenne vit en contact avec une population autochtone:
elle-même composée d’éléments de tribus arabes bedouines disparates.
et la population sans exceptions à part les vendus

personnelcolbert1913.jpg

est  classée à la meme enseigne : ni 3roubi ni wlid blaad .(NDLR)
Source :  « La commune mixte de la MEKERRA
Ouldennebia KARIM :
Histoire de Sidi-Bel-Abbes, Anomalies de deux communes coloniales,

In Histoire de la région de SBA 1830-1854, tome 1,(en Arabe)
Actes du 1°colloque nationale 2001, pp 76- 89
In histoire de région de Sidi-Bel-Abbes durant la période coloniale 1830-1962, Tome 2,
Édition ERRACHAD, Algérie, 2005,pp 03-12

conférence à la salle de conférence de L’hôtel de ville.
A l’occasion de la journée nationale de la ville (visite officielle du ministre de l’habitat), Dim 19/02/2007.


Lorsque nous serons libres, il se passera des choses terribles…….Oui j’aimerais mourir au combat avant la fin ….
« Larbi Ben mhidi »

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#2 08-08-2010 19:10:

Moudjahed
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Re : Les Douars de la communes pleins exercices (CPE) de la MEKERRA de 1874

La section indigène de la commune ( ou douar-commune).

Elle est inspirée par l’organisation ancestrale de la société indigène, entre populations nomades et sédentaires.

Elle est constituée de petites communautés,
la tribu et le douar
pour les nomades et semi-nomades ARABES hilaliens .

le « taddert » ou village pour les sédentaires KABYLES OU MOZABITES .

La propriété individuelle n’existant pas auparavant, l’administration française va se préoccuper de délimiter le territoire des tribus, en leur attribuant un patrimoine foncier
( propriété du beylick, sous le régime ottoman)
et des terres collectives de culture
( terres arch ou sabega).
Le douar est doté d’une assemblée, la djemâa, composée de notables et du caïd, qui délibère sur les biens communaux, les chemins vicinaux, la gestions des sociétés de prévoyance, de secours mutuel…

Le caïd, préside la djemâa jusqu’en 1919 puis est remplacé par un membre élu.

Fonctionnaires désignés par le Gouverneur général, ils assument les responsabilités d’adjoint pour leur douar.

Au bout de vingt ans de service, ils peuvent accéder au titre d’agha, et ultérieurement à celui de bachagha.


Lorsque nous serons libres, il se passera des choses terribles…….Oui j’aimerais mourir au combat avant la fin ….
« Larbi Ben mhidi »

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#3 08-08-2010 19:49:

Moudjahed
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Re : Les Douars de la communes pleins exercices (CPE) de la MEKERRA de 1874

Frédéric Baudin,UN JUIF POLONAIS   qui raconte  dans son livre le curieux chemin de Damas  du Juif  Hillel Pokrzywa  devenu héraut de l’Evangile ,un chemin qui part De Lodz à Sidi-Bel-Abbès, nous raconte la vie de Sidi Bel Abbés :
Quand il débarque à Oran c’est d’abord la surprise

Il imaginait « l’Afrique autrement » .

Sidi-Bel-Abbès, le berceau de la Légion étrangère lui parait une

« ville  trop civilisée à (ses) yeux et  dont les colons européens,  semblaient très fiers.

Le juif POLONAIS  qu’il était va entrer en contact avec les juifs indigènes :

« on nous obligea à nous séparer de tous nos vêtements civils (…) à des Juifs qui venaient acheter ainsi les frusques des soldats fraîchement enrôlés.

Le légionnaire doit en effet tout oublier de son ancienne condition, pour se donner entièrement à sa nouvelle tâche.

Pour moi, ces Juifs furent une réelle découverte ! Je n’aurais jamais imaginé qu’il pût s’en trouver à cet endroit !

Quel paradoxe : j’allais vendre mes habits à mes coreligionnaires ! »

Les juifs de Sidi Bel Abbés lui étaient étrangers :

« Nous vivions dans deux mondes très distincts :

les Ashkénazes, originaires d’Europe centrale, et les Séfarades, issus du pourtour du bassin méditerranéen, n’avaient en commun que le mot « Juif ».

Nos coutumes, nos vêtements, nos langages étaient si différents que nous éprouvions quelque peine à nous reconnaître comme frères !

En Pologne, nous avions bien quelquefois entendu parler des Juifs de ces contrées

mais ils nous semblaient jusqu’alors si lointains, que nous doutions presque de leur existence réelle : à nos yeux, le monde séfarade se réduisait à un mythe, une histoire ancienne, une sorte de conte des mille et une nuits peuplé de rêves et d’images extraordinaires

Et maintenant, je les voyais, ces cousins au visage couleur de bronze, aux cheveux intensément noirs et aux yeux sombres, prêts à acheter mes habits façonnés par mes propres mains !

Ils étaient revêtus d’un accoutrement hétéroclite, singulier mélange entre les habits européens et arabes.

Certains, plus âgés – et plus pauvres – portaient une djellaba, et une calotte noire, ou un curieux turban tout oriental.

Pourtant, eux, ils étaient français !

Il  nous rapporte quelques images du Sidi Bel Abbés du début du 20eme siècle :

« les véritables déluges qui gonflait les oueds en deux ou trois heures et  qui transformait les rues de Bel-Abbès en un bourbier épouvantable »,

«  les pénibles gardes nocturnes dans le « village nègre » .

endroit truffé de caboulots où l’on jouait sa solde, où l’on servait de redoutables alcools (dont une meurtrière absinthe), et ou  les légionnaires se rendaient pour passer leurs permissions.

Comme les rixes n’étaient pas rares, compte tenu de cette brillante activité, il fallait que les légionnaires en service – et donc à priori lucides – aillent garder en permanence le quartier. »

Et l’ambiance générale :

« La vie à Sidi-Bel-Abbès n’avait rien de très attrayant, mais elle n’était pas totalement désagréable pour qui le voulait bien.

L’air était sain, le climat plutôt agréable, en dépit de la chaleur et la sécheresse estivales, car la plaine reposait à une altitude déjà sensible.

L’ancienne citée intra-muros était réduite à un quadrilatère, dont le cercle des officiers était le centre, élargi encore par la caserne et l’hôpital.

A l’extérieur, des faubourgs (dont le fameux village nègre) étaient littéralement posés sur les routes, comme des satellites, conférant ainsi au centre un aspect de noyau dur, plus irréductible encore.

Peu à peu, la ville s’était développée, sous des allures européennes très prononcées, pour former une cité bien établie, au coeur des champs soigneusement cultivés tout alentour par SEULEMENT les colons français et les paysans espagnols.

La visite de ces quartiers constituait à elle seule une source d’étonnement et de découvertes :

Arabes, Juifs, Espagnols et colons français vivaient-là, sans véritable mélange .

mais en contact permanent les uns avec les autres.

Le marché couvert, d’environ cinquante mètres de côté, offrait sans doute l’occasion unique de cohabitation, certes momentanée, de tous ces peuples ensemble.

On y trouvait de tout : des légumes et des fruits à profusion, de la viande exposée en plein air et chatouillée par les mouches
du poisson relativement frais, du fromage bien fait, des frusques plus ou moins neuves, du bétail vendu par les Espagnols les plus pauvres…

Au sein de cette activité fébrile !

je crois que mon étonnement atteignit son comble devant la passivité de certains d’entre eux, tout juste préoccupés de gagner les trois sous nécessaires à leur survie et celle de leur famille, souvent nombreuse.

Une fois assurés de ce strict minimum, ils avalaient un petit « kawa », un café, ou fumaient une pipe (de kif éventuellement), jouaient avec des sortes de dominos, se lançaient dans des palabres sans fin, ou se livraient à une éternelle nonchalance.

Etonnement encore, quand je découvris les femmes arabes du village nègre, voilées, aux chevilles cerclées de larges anneaux en cuivre, aux fronts tatoués, aux têtes surchargées de colis posés en forme d’Everest imposant

étonnement enfin devant une certaine misère qui n’était pas sans me rappeler celle que j’avais si souvent côtoyée en Pologne, à Lodz, ou dans nos campagnes.

Et comme partout dans le monde, une société, dite haute, se taillait la part du lion : toilettes luxueuses, réceptions, concerts, théâtre, en vase clos.

Moi, avec les copains, j’allais au « beuglant », un caf-conc de seconde catégorie, ou pire, à la « cantine », mais ça, passés les premiers mois, j’évitais.

Pas bon, l’absinthe, je préférais l’anisette


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