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Oranie profonde

Archive pour avril, 2013


BAUDENS et MAILLOT (précurseurs de la SAS)

13 avril, 2013
SIDI BEL ABBES . | 9 réponses »

BAUDENS

et

MAILLOT

 

HISTORIQUE.

A peine arrivés sur le sol d’Afrique, les médecins et les pharmaciens du corps de débarquement accumulent de nombreuses observations dont, la plupart furent publiées, dès 1831, dans le  » Recueil des mémoires de médecine, de Chirurgie et de Pharmacie militaires « .

D’après l’article du Médecin Lieutenant Colonel Talabere dans l’oeuvre du service de Santé Militaire en Algérie 1830-1930 Chapitre 1″).

Cette énumération est, certes, bien incomplète ; elle ne concerne, d’autre part, que les premières années de l’occupation. Mais deux hommes de premier plan dominent la pléiade des travailleurs et des chercheurs de cette époque, deux nommes dent le nom ne s’effacera pas :

Baudens et Maillot.

Baudens

BAUDENS et MAILLOT (précurseurs de la SAS) dans SIDI BEL ABBES . 23_lucien_baudens_algerianiste111-232x300

Baudens, homme de guerre, suit les colonnes, donne des soins sur les lieux mêmes du combat,. Ce soldat se double d’un savant

Dans les premières batailles,

 » Baudens voit défiler toute la série des besoins devant lesquels peut se trouver en présence un chirurgien d’ambulance : blessures des parties molles, des membres, des articulations, du bassin, du thorax, de l’abdomen, etc… Avec son oeil d’anatomiste doublé d’un clinicien déjà averti, il observe, note, étudie et recueille les premiers éléments d’une documentation qui ne cessera de s’enrichir jusqu’au jour de son retour t n France, et l’on peut dire jusqu’à la fin de sa vie, fauchée prématurément.- Déjà se fixent et se précisent les règles générales de sa conduite et de son action chirurgicale.  »

(Talabère).

Et l’une de ses œoeuvres,

 » Clinique des plaies d’armes à feu « ,

parait à Paris en 1836.

C’est à l’hôpital Caratine, puis à l’hôpital du Dey, organisé, sur sa demande, en hôpital d’instruction, que Baudens édifie ce travail, basé sur son expérience des ambulances.

La discussion de sa doctrine n’a pas sa place ici ; mais il apparaît, pour les plaies des vis ères, comme  » un précurseur des tendances actuelles (Delorme) et ses appareils à fracture, minutieusement décrits, où l’extension, la contre-extension et la coaptation permanente sont des modèles de science et d’ingéniosité.

A côté du chirurgien, on trouve dans la personnalité de Baudens un remarquable hygiéniste ; il lutte, comme les autres médecins, contre les épidémies meurtrières, il intervient contre la mauvaise nourriture des soldats et l’abus désastreux que ceux-ci font de l’alcool ; c’est lui qui, plus tard, au sujet des épidémies qui survinrent en Crimée, indiquait au Commandement, comme un des meilleurs moyens préventif, d’exiger des jeunes Saint-Cyriens l’étude de l’hygiène en douze leçons.

Rentré en France en 1837, Baudens professe à Lille et au Val-de-Grâce, et meurt à 53 ans.

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    Maillot.
C’est en 1836 également que parait une autre œoeuvre capitale, conçue à l’armée d’Afrique :

 » Le traitement des fièvres intermittentes de Maillot « .

Cet ouvrage fait suite et complète la communication de Maillot à l’Académie de Médecine en 1835. Maillot y étudie les fièvres intermittentes, rémittentes et pseudo-continues ; il différencie, d’An:, cette multitude de fièvres, ce qui revient à la typhoïde, à la dysenterie et au paludisme pernicieux ; enfin, il préconise le sulfate de quinine à haute dose dans le traitement de celui-ci ;

la meilleure arme dont on puisse encore disposer aujourd’hui contre le paludisme vient d’être mise au point.

Et plus tard, au Congrès d’Alger de 1881, on pourra dire :

 » C’est par Maillot que I Algérie a pu devenir terre française ; c’est lui qui a fermé et scellé pour jamais le tombeau des chrétiens. »

( D’après le Médecin Général Rieux, Professeur au Val-de-Grâce, dans 1′  » Oeuvre du Service de santé en Algérie, 1830-1930  » chapitre IV.).

Quand, en février 1834, à Bône (où nos troupes se sont installées définitivement en 183. après deux séjours suivis de retraite en 30 et en 31), la situation sanitaire de la garnison est lamentable : 4.000 hospitalisés en 1832 pour un effectif de 3 à 5.003 hommes, et 449 décès ; en 1833, pour des effectifs semblables, 6.700 hospitalisations et 1.526 décès : un mort sur trois sortants et demi.

Fort de l’expérience acquise au cours des années précédentes en Corse et à Alger, et mettant à profit ses notes de clinique, Maillot traite ses malades suivant sa conception personnelle ; le résultat s’affirme d’emblée : en 1834, il n’y a plus qu’un décès sur 27 sortants.

Malade et surmené, Maillot doit rentrer en France en 1835, où ses communications et ses travaux eurent un retentissement considérable. Admiré des uns, critiqué par les autres, il passe sa longue vie à défendre sa doctrine. Professeur au Val-de-Grâce, puis président du Conseil de Santé des. armées, il a, en 1881, la satisfaction de voir officiellement consacrer son œuvre au Congrès d’Alger.

L’éclat que le nom de Maillot a pris en Algérie, lors des premières années de la conquête, persiste, toujours intact, dans le monde scientifique d’aujourd’hui.

**

ŒOEUVRES

Dans les territoires du Sud.

La pacification du pays et son assainissement, la mise en valeur d’excellentes terres de culture, ne tardent pas à attirer sur le sol d’Algérie de nombreux émigrants français, espagnols, italiens, maltais, etc…
La  » relève  » des médecins dé l’armée par des confrères civils – bien souvent anciens militaires démissionnaires ou retraités – s’effectue progressivement depuis 1850.

Mais cette relève n’a jamais été totale : les médecins militaires assurent encore aujourd’hui la presque totalité du service médical clins les Territoires du Sud ; d’autre part, la collaboration amicale des médecins civils et militaires, dans les trois départements algériens, a toujours associé le Service de Santé à la tâche commune, humanitaire et scientifique.

L’oeuvre des médecins militaires dans les Territoires du Sud est considérable, et c’est une erreur (assez répandue d’ailleurs) de croire qu’ils se bornent à une oeuvre d’assistance et de charité.

Au point de vue scientifique, les médecins du Sud ont toujours mis à profit les sources d’observation jaillies de leur vaste champ d’activité.

De nombreux travaux de pathologie locale (ophtalmologie, paludisme, typhus, syphilis, tuberculose) et de très intéressantes monographies ont paru dans des revues médicales de France et d’Algérie (en particulier dans les Archives de Médecine et de Pharmacie militaires, et surtout dans les Archives de l’Institut Pasteur d’Algérie).

Grâce à leur compréhension et à leur développement et grâce à l’aide précieuse des Soeurs Blanches, ils attirent dans leurs infirmeries et dans les  » biout el ainin  » (salle de consultations ophtalmologiques) une population de plus en plus nombreuse, de nature pourtant méfiante et farouche.
En 1918, le nombre de leurs consultations est de : 128.600. En 1945, le nombre est de : 1.962.819.

Les épidémies deviennent plus rares grâce aux vaccinations ; les enfants naissent sains grâce aux soins préventif aux mères, et il naît plus d’enfants grâce aux sages-femmes françaises qui remplacent les matrones ; enfin, la cécité des jeunes tend à disparaître parce que les affections oculaires, et, en particulier, le trachôme, sont énergiquement combattues.

Dans le Nord.
Dans les départements du Nord, la collaboration scientifique militaire et civile ne peut être mieux symbolisée que par l’action commune des médecins dans les établissements d’instruction et dans les Instituts de recherche scientifique tels que l’Institut Pasteur.

L’accroissement de la population civile crée, dès 1850, la nécessité d’organiser sur place le recrutement et la formation de médecins, de pharmaciens et de sages-femmes.

Ce n’est qu’en 1852 que le Maréchal Randon décide la création d’une Ecole préparatoire de Médecine et de Pharmacie, et ce n’est qu’en 1859 que cette école est inaugurée. Le médecin principal A. Bertheraud est nommé directeur ; deux autres officiers du Service de Santé, le Médecin principal Marit et le Pharmacien aide-major Bourlier y exercent, à côté de quatre professeurs civils. Les cours ont lieu à l’école même, et les leçons de clinique chirurgicale de Bertheraud sont données à l’hôpital civil de Mustapha.

En 1889, l’Ecole préparatoire est transformée en Ecole de plein exercice ; les anciens médecins militaires Treille, Brault et Gange y donnent un enseignement apprécié.

En 1909, enfin, l’école est transformée en Faculté, où quatre anciens médecins de l’armée (Gange, Raynaud, Giraud et Tournade) professaient encore en 1925.

Le Service de Santé militaire a toujours travaillé en liaison étroite avec l’Institut Pasteur d’Algérie ; l’ancien Médecin principal Foley, premier Directeur du Service de Santé des Territoires du Sud, chargé des laboratoires sahariens à cet institut, guide toujours le travail des jeunes médecins militaires affectés dans le Sud. Ses nombreuses publications scientifiques sur la fièvre récurrente (spiro-choeta Berbera, de Sergent et Foley), sur le trachôme, le paludisme, la prémunition anti-tuberculeuse, etc…, etc…, seul ou en collaboration avec Sergent et Parrot, en font un des meilleurs ouvriers de l’oeuvre médicomilitaire et scientifique en Afrique du Nord.

ACTION SOCIALE

Dès le premier jour de leur arrivée à Alger, les médecins du corps expéditionnaire entreprennent une action sociale, qu’ils ne sépareront jamais (fort justement d’ailleurs) de leur tâche médicale.

Bagre, chirurgien aide-major du 8′ Régiment de Chasseurs à cheval, raconte, dans ses  » Observations de chirurgie recueillies à l’hôpital turc à Alger « , comment il prit en mains dès son entrée dans la ville, le 6 juillet 1930, les soins aux blessés et aux malades, janissaires, jeunes Maures, jcunes enfants.

Combien d’autres, depuis, ont  » fait  » du Service médico-social, sans l’écrire ! Car ici, rien ne brille, chacun dans sa petite sphère, travaille silencieusement, de toute son âme » à soulager des souffrances ou à les prévenir ; aucun nom n’est à citer parce qu’ils le seraient tous. Une épidémie est évitée par un isolement préventif et judicieux ; une famille syphilitique est amenée aux soins grâce à :a confiance acquise ; des enfants naissent sains qui seraient mort-nés ou aveugles : tous ces faits ne laissent aucune trace immédiate et officielle.

Et pendant cent ans, des médecins militaires accomplissent cette tâche obscure auprès des populations indigènes, au début excitées pur la haine et le fanatisme, et toujours tentées, par leur fanatisme, de se refuser à un effort préventif.

Lors des premières années de l’occupation, le Commandement constate que chaque poste où travaille un médecin – et où celui-ci peut rayonner jusqu’aux tribus parfois insoumises – devient un centre précieux d’attraction médicale et politique. Aussi, lorsqu’en 1844 les  » bureaux arabes  » sont constitués, les médecins font partie du personnel de direction et, en 1867, un médecin aide-major de 2° classe est attaché à chaque bureau.

LES OEUVRES

Dans le Nord.
Actuellement, les Services civils de ]a Santé publique ont pris à leur charge, dans le Nord, les œoeuvres médico-sociales pour les civils européens et musulmans.

La collaboration militaire leur est acquise dans cette branche comme dans toutes les autres. L’armée organise pour elle-même un Service médico-social très étendu.

Des centres médico-sociaux accueillent dans presque toutes les garnisons les familles des militaires de carrière et du personnel civil du Ministère de la Guerre ; les consultations pour les nourrissons, les visites pré et postnatales y tiennent une grande place ; des séances de vaccinations et de dépistage radioscopique y sont pratiquées réguliêrement ; des visites à domicile par des assistantes médico-sociales sont prévues ; des fiches sanitaires sont rédigées ; des écoles de plein air, des préventorium, des sanatoriums, sont ouverts malades des ramilles bénéficiaires. Des maternités, enfin, son’ créées dans chaque division territoriale.

En outre, les Dar-el-Askri reçoivent les familles de tous les anciens soldats indigènes ; des chefs militaires soutiennent de leur haute autorité les initiatives privées (Maison du blessé musulman, dispensaires de la Croix-Rouge, etc…) Dans toutes les garnisons, nos vieux hôpitaux militaires ont des salles réservées pour accueillir les malades ou les accidentés civils, et leur clientèle musulmane reste nombreuse.

Dans le Sud.
D’autre part, dans le Sud, les médecins militaires gardent la charge de toute l’action sociale : créations d’infirmeries et de dispensaires, assistance médicale gratuite, vaccinations préventives massives contre les grandes épidémies, visites des mères et des nourrissons, surveillance médicale des écoles.
Ils y jouissent d’un incontestable prestige et restent, comme l’écrivait Talabère :  » les toubibs… ces personnages quasi maraboutiques et presque sacrés…  »

***

En 1330, il y avait en Algérie 3 millions d’habitants ; il y en a 8 millions cent àns après, dont 7 millions d’autochtones.

L’action du Service de Santé en Algérie se résume en ces quelques chiffres.

***

Rome, pendant des siècles, avait construit sur ce sol d’Afrique de magnifiques cités ; ses écrivains avaient magnifié le pays, ses laboureurs en avaient fait  » le grenier « .

Il ne restait cependant plus rien de leur passage :

des arcs païens de Timgad à l’émouvant baptistère de Djemila, des ruines de Césarée à celles de Madaure, tout était perdu, brisé, enterré.

Les oeuvres écrites et les discours – même ceux de Saint -Augustin, évêque d’Hippone – étaient passés sans laisser la moindre trace sur les populations indigènes.

Car tout n’est pas dans la pierre, tout n’est pas dans les armes, tout n’est pas dans les écrits.

Mais il n’est pas possible que tout s’efface, demain, de ce que les médecins militaires français ont gravé dans le coeur et l’âme des Musulmans d’Algérie.

 

CONCLUSION/

Au contraire ! on se rappelle bien des actions de la SAS .

UNE POMMADE AUX YEUX DE LA SAS POUR NE PAS VOIR LE GENOCIDE DU PEUPLE ALGERIEN PAR SON ARMEE.

LA PREUVE FLA GRANDE SUIVANT LES DIRES DU MARECHAL  ASSASSIN LYAUTEY

LIRE /

Dès les premiers temps de l’installation française en Algérie, vers 1832, et au fur et à mesure de la pénétration de nos troupes, le commandement avait le souci de faire assurer les soins aux autochtones dans ses formations sanitaires, ambulances des colonnes mobiles et hôpitaux de campagne.

«  Il n’est pas de fait plus solidement établi, écrivait Lyautey,

que l’efficacité du médecin comme agent de pénétration, d’alliance et de pacification « .

On connaît son fameux télégramme à Gallieni:

 » Si vous pouvez m’envoyer quatre médecins de plus, je vous renvoie quatre compagnies « .

Aussi, lors de l’occupation du Sahara, après les combats d’In Salah et d’In Rhar pour protéger la mission scientifique Flamand- Fein, en 1900, le corps de santé a poursuivi son oeuvre de  « PACIFICATION  »des populations.

sources:

L’histoire du spahis Ravin  »
spahis méhariste qui vécut la conquête française du Sahara entre 1894 et 1907

 

 

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